Le budget du marché alimentaire

La commune a consacré en 2014 la somme de 248 000 € à son marché alimentaire. Pour l’année 2015, elle aurait aimé passer au-dessous de la barre réglementaire des 207 000 € pour se dispenser de l’obligation du passage en appel d’offres. Mais elle n’y est pas encore tout à fait parvenue. Allez, encore un petit effort du côté de la régie, sait-on jamais : le verger planté il y a peu va bientôt donner des fruits en plus des légumes !

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Le fonctionnement de la régie au fil des saisons

C’est un trio efficace qui est à la tête de Haute-Combe. Aux côtés de Sébastien l’agriculteur, il y a le directeur du service environnement Frédéric Rebuffel et le chef du pôle cuisine Tayeb Nemri. Si les tâtonnements ont été nombreux au début (une commune ne s’improvise pas du jour au lendemain agricultrice!), l’équipage a acquis des réflexes bien huilés. Tayeb passe plusieurs fois par semaine pour connaître l’offre de légumes avant de définir les menus avec les chefs de cuisine des trois groupes scolaires et la diététicienne dans le cadre du plan alimentaire retenu par la commune. L’avantage de la régie réside dans une offre de saison ultra-fraiche et variée. Une de ses limites est d’arriver à un pic de production l’été, période où les enfants ne fréquentent plus l’école. Pour répondre à cette « surproduction », la mairie de Mouans-Sartoux planche sur un projet de conserverie assortie d’un atelier de transformation afin de cuisiner et de conserver les produits. Mais tout n’est pas simple en la matière, les règles applicables à la transformation obligeant la commune à respecter toute une série de normes pour devenir elle-même transformatrice, à l’image d’une entreprise agroalimentaire.

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L’équipe de la régie

Sébastien Jourde, l'agriculteur employé par la commune à la régie.

Sébastien Jourde, l’agriculteur employé par la commune à la régie.

Sébastien Jourde, l’agriculteur professionnel recruté par la commune pour gérer l’ensemble de l’exploitation, est logé sur place. Sous la direction de Frederic Rebuffel directeur du service environnement, il s’occupe de déterminer le plan des cultures et de suivre le calendrier de production. Au quotidien, il est épaulé par Bastien, ouvrier agricole formé au jardin de Cocagne de la commune (les Jardins de la Vallée de la Siagne) et, pour certains travaux qui demandent de la main d’œuvre (labours, récoltes de pommes de terre), il est aidé par l’équipe des espaces verts. Sébastien s’est adapté avec succès à cette tâche particulière de producteur municipal : « Pour moi, dit-il, la position est confortable : je ne m’occupe que de cultiver, sans le souci de la commercialisation. Et tout ce qu’on produit, même dans des calibres pas très standard, on sait où ça va. L’autre aspect positif, c’est le rapport aux cuisiniers, il y a beaucoup de retour. Je sais d’expérience quels légumes privilégier et ceux qu’il faut limiter, comme les petits pois ou les panais, longs à préparer. Enfin, côté culture, l’agriculture bio n’est pas si compliquée. Même si la terre d’ici est plus favorable à la vigne ou aux oliviers, on parvient à de bons résultats en maraîchage. L’idéal aurait été d’accéder à du fumier local mais on manque d’éleveurs dans la région ». Une demande en voie d’être satisfaite: une station de lombricompostage vient d’être installée sur le domaine qui recevra et transformera en amendement naturel les restes alimentaires issus des restaurants municipaux. Faire d’une pierre deux coups ou des déchets d’assiettes un engrais bio, il fallait y penser.

services espaces verts coup de main

Le service des Espaces verts prête main forte pour les opérations importantes. Ici, la récolte des pommes de terre.

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Le domaine de Haute-Combe

Haute-Combe, quatre hectatres d'un domaine agricole préemptés par la mairie pour produire  (2013) plus de 70% des besoins en légumes frais et bio.

Haute-Combe, quatre hectares d’un domaine agricole acheté par la mairie pour produire plus de 80% (chiffres 2015) des besoins en légumes frais et bio de la restauration municipale.

La régie agricole se trouve au domaine de Haute-Combe, une ancienne ferme située dans le périmètre communal de la ville à quelques pas du centre. La mairie, dans le cadre de sa politique de préservation du foncier, a acquis le domaine en 2010 par préemption. À défaut,  il était promis à des projets de lotissements privés. Le corps de ferme, à rénover partiellement, permet de loger sur place l’agriculteur communal Sébastien Jourde, agriculteur de métier, qui veille au bon déroulement des cultures sur une surface utile de quatre hectares convertie intégralement à l’agriculture biologique et contrôlée par Ecocert depuis 2010. Une petite partie des terres est occupée par des serres ou tunnels froids. Les cultures ont démarré à titre expérimental en 2010. Le temps de la mise en place et quelques années plus tard, la régie produit plus de 80% des légumes consommés chaque jour par 1200 convives.

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Régie agricole : le concept

google maps régieMouans-Sartoux, avec près de 10 500 habitants, est située sur la Côte d’Azur entre Cannes et Grasse. Un territoire que l’on sait fortement urbanisé, où le foncier disponible est rare et cher. Aussi, les exploitations agricoles sont-elles peu nombreuses (malgré une présence historique des exploitations de plantes à parfum et aromatiques implantées dans le Pays de Grasse), en tout cas elles sont en nombre insuffisant pour prétendre satisfaire la demande de la restauration collective municipale qui s’élève à quelque 1000 repas par jour. Pour parvenir à l’objectif de gouvernance alimentaire, la ville de Mouans-Sartoux a décidé de créer, la première en France, une régie municipale agricole. Le concept : achat (sous forme de préemption) du domaine agricole de Haute-Combe à l’orée du centre-ville, recrutement et installation d’un agriculteur au statut communal, développement de cultures de légumes de plein champ ou sous tunnel froid en agriculture biologique sur quatre hectares. En pratique, un fonctionnement simple: production, récolte et livraison aux cuisines.

Le diagnostic régie

Besoin en légumes

Un domaine municipal agricole agrandi

Lorsque la commune est passée du POS (plan d’occupation des sols) au PLU (plan local d’urbanisme), elle a délibérément choisi d’augmenter la surface des terres agricoles. Pour cela, elle a pris l’option de déclasser certaines zones vertes mais aussi des zones constructibles. La négociation avec les propriétaires au nom de l’intérêt général constitue autant un acte de courage politique (référence au prix du mètre carré constructible dans l’arrière-pays de Cannes) que de service public dans le cadre de la conquête de l’indépendance alimentaire, l’objectif à long terme de Mouans-Sartoux. Dans cette optique, la Ville a adopté une délibération pour aider financièrement les installations agricoles bio à hauteur de 20% des investissements liés à une gestion durable de l’eau. Le plafond d’aides a été fixé à 12 000€. Par ailleurs, les propriétaires privés et les candidats à l’installation sont activement mis en relation tandis qu’il est possible de louer des terres municipales.

Occupation des terres PLU

 

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